Etape 13 : Perpignan - Nîmes
215 km. 27 juillet 1950

-  Mauvaise opération pour les français
Ce matin, Louison Bobet (2ème) et Raphaël Geminiani (3ème) pointent respectivement à 49’’ et 54’’ du maillot jaune Ferdi Kubler.
Cette étape de transition ne doit absolument pas bouleverser les données. 2 coureurs de l’Afrique du Nord se sont certes échappés de bonne heure mais ils ne sont pas dangereux au classement général.
A une trentaine de kilomètres de l’arrivée, Bobet crève. Lazaridès lui tend sa roue. Aussitôt, Kubler, Ockers (4ème du général) et son équipier Hendrickx attaquent. Geminiani les accompagne mais il casse l’axe de sa roue avant. Il doit attendre les secours. Les belges et le suisse comprennent très vite le bénéfice qu’ils peuvent tirer de l’opération. Ils foncent vers Nîmes à toute vitesse.
Robic, avec un temps de retard, met en route. Il franchit la ligne en compagnie de Brambilla (3ème du général ce soir) 2’10’’ après le groupe maillot jaune.
Bobet, peu en forme, et Geminiani ne parviennent pas à limiter les dégâts. Ils concèdent 10’9’’ sur le duo Kubler - Ockers, grand bénéficiaire de la journée !

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Ockers, Kubler, De Ruyter et Hendrickx font la belle affaire

- L’Afrique du Nord à l’honneur
Le peloton n’était guère motivé au départ de Perpignan. Il y régnait déjà une chaleur qui n’allait pas tarder à devenir suffocante. Le vent soufflait de face.
Seuls Marcel Molinès et Abd El Kader Zaaf se sentaient suffisamment forts pour affronter ces éléments naturels.
A Montpellier, les 2 nord-africains comptaient 16’ d’avance sur le peloton, un peu moins sur le hollandais Wim De Ruyter, Antonin Rolland (Sud-Est) et Georges Meunier (Centre Sud-Ouest), partis à leur poursuite.

-  La fameuse « cuite » de Zaaf
Zaaf avait fini par lâcher Molinès lorsqu’il tituba, tomba, se releva pour mieux enfourcher son vélo mais dans le sens contraire de la course !
Les spectateurs l’aspergèrent de vin. Il s’évanouit.
Les journalistes arrivèrent sur place. Aussitôt, flairant l’odeur, ils en conclurent que Zaaf s’était saoulé en cours de route. Sa réputation était faite. L’algérien était devenu populaire !
Geminiani confiera plus tard que Zaaf avait en réalité ingurgité des pilules belges. La soif, le soleil et ces « têtes de mort » l’avaient complètement détruit.
Conduit rapidement à l’hôpital, il avait pu être soigné à temps.

- Molinès en profite
Zaaf hors-course, Marcel Molinès en profitait pour remporter l’étape devant le poulain de Francis Pélissier, Georges Meunier.
Le télégraphiste de Vierzon avait été le seul des 3 échappés à résister au retour des cadors.

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L’algérois Marcel Molinès

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Marcel Molinès (Fra) en 6h22’56’’
2 Georges Meunier (Bel) à 4’1’’
3 Constantin Ockers (Bel) à 4’26’’
4 Ferdinand Kubler (Sui)
5 Marcel Hendrickx (Bel) t.m.t.
6 Wim De Ruyter (PB) à 4’48’’
7 Gino Sciardis (Ita) à 6’36’’
8 André Brulé (Fra)
9 Marcel Verschueren (Bel)
10 Pierre Cogan (Fra) t.m.t.

Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Ferdinand Kubler (Sui) en 93h49’42’’
2 Constantin Ockers (Bel) à 1’6’’
3 Pierre Brambilla (Fra) à 9’1’’
4 Louis Bobet (Fra) à 10’58’’
5 Raphaël Geminiani (Fra) à 11’3’’
6 Jean Robic (Lux) à 11’28’’
7 Kléber Piot (Fra) à 11’58’’
8 Pierre Cogan (Fra) m.t.
9 Jean Kirchen (Lux) à 12’52’’
10 Georges Meunier (Bel) à 14’11’’
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