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Etape 8 : Bayonne - Luchon

326 km. 1 juillet 1925

-  Crevaison de Bottecchia
79 concurrents prennent à 2 heures du matin le départ de Bayonne pour une première étape pyrénéenne très redoutée.
Une crevaison de Bottecchia dans le col d’Osquich après 60 km de course lance rapidement les hostilités. Le maillot jaune compte jusqu’à 6’ de retard mais, à Eaux-Bonnes, il est revenu sur le peloton qui comprend encore 25 coureurs lors du contrôle effectué à 9h45’.

- Le déluge au Tourmalet
Il s’agit alors de gravir l’Aubisque. Bottecchia prend le commandement pour basculer au sommet avec 1’30’’ d’avance sur Huysse (9ème du général) et 1’45’’ sur Benoit (3ème). Sous l’orage, les 3 hommes passent ensemble à Argelès-Gazost (km 217). Pélissier est pointé à 4’, Frantz à 5’.
Le Tourmalet est gravi sous une pluie diluvienne. Omer Huysse n’en a cure. Le Belge de la formation Armor-Dunlop passe en haut 2’10’’ avant Bottecchia, 5’ avant Benoit. Les autres sont relégués à un quart d’heure.

-  Benoit reprend la Tunique
Après avoir escaladé le col d’Aspin, Huysse et Bottecchia (qui souffre des yeux) faiblissent. Pas le vaillant Adelin Benoit (Thomann-Dunlop) qui les dépasse dans Peyresourde pour s’en aller remporter brillamment l’étape à Luchon. Les écarts y sont assez considérables : Huysse a perdu plus de 9’, Bottecchia 11’45’’ ! Le Wallon récupère le maillot jaune qu’une malencontreuse crevaison lui avait fait perdre lors de la précédente étape.

- Charles Pélissier se fait un prénom
Le cadet de la famille Pélissier, Charles, 22 ans, attendait son aîné Francis au sommet du Tourmalet. Lorsqu’il a vu arriver son frère, épuisé, avec une demi-heure de retard, son sang n’a fait qu’un tour. Il s’est mis à insulter les officiels, leur reprochant la trop grande difficulté de l’épreuve : «  Ces sentiers de chèvre en montagne, est-ce fait pour des chrétiens ? Et qu’est-ce que cela prouve de rester 20 heures en selle sinon qu’on a le cuir des fesses bien tanné ? C’est le triomphe du bourrin persévérant et pas celui de l’homme de classe... La classe, c’est la détente, c’est la vitesse, c’est le final d’une ville à ville ».
La riposte des organisateurs n’a pas tardé. Le 3 juillet, dans «  L’Auto », Henri Decoin se moque de celui qui n’a encore jamais remporté la moindre course : « Si je sais que Charles Pélissier est coureur cycliste, c’est simplement parce que je sais qu’il se promène déguisé en coureur. J’ai beau chercher dans le dictionnaire sportif, je ne trouve pas un Pélissier prénommé Charles. Henri et Francis sont des paons. Ils ont de belles plumes et Charles Pélissier leur en chipe de temps en temps, se les colle dans le dos et se balade sur les routes sportives en faisant le geai » (« La légende des Pélissier » R. Bastide).
Piqué au vif, « Charlot » remportera le 19 juillet le Circuit de l’Allier avant de s’imposer à 16 reprises sur les routes du Tour.

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Adelin Benoit (Bel) en 15h18’56’’
2 Omer Huysse (Bel) à 9’4’’
3 Ottavio Bottecchia (Ita) à 11’45’’
4 Nicolas Frantz (Lux) à 21’49’’
5 Albert Dejonghe (Bel) à 22’34’’
6 Romain Bellenger (Fra) à 36’20’’
7 Théophile Beeckman (Bel) à 37’34’’
8 Bartolomeo Aimo (Ita) à 40’16’’
9 Félix Sellier (Bel) à 43’12’’
10 Lucien Buysse (Bel) à 44’11’’


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Adelin Benoit (Bel) en 92h52’39’’
2 Ottavio Bottecchia (Ita) en 92h59’32’’
3 Omer Huysse (Bel) en 93h17’23’’
4 Nicolas Frantz (Lux) en 93h19’17’’
5 Théophile Beeckman (Bel) en 93h32’9’’
6 Albert Dejonghe (Bel) en 93h32’22’’
7 Romain Bellenger (Fra) en 93h47’36’’
8 Bartolomeo Aimo (Ita) en 93h48’42’’
9 Lucien Buysse (Bel) en 93h54’34’’
10 Federico Gay (Ita) en 94h2’3’’
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