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Etape 7 : Bayonne - Pau

220,5 km. 9 juillet 1972

- Ocana et Merckx dans l’Aubisque
Sous la pluie qui ne cessera quasiment jamais de la journée, Alain Santy (Bic) et Wilfried David (Peugeot) se lancent dans une longue échappée dès le 37ème km. Les voilà avec 6’35’’ d’avance à Laruns (km 130), au moment d’aborder les rampes de l’Aubisque.
Tandis que le belge lâche le français à 10 km du sommet, dans le peloton, la sélection se fait par l’arrière jusqu’à ce qu’Ocana attaque par 2 fois. A la seconde tentative située à 1500 m du haut, seul Merckx parvient à recoller. Au sommet (km 153), David passe avec 2’50’’ d’avance sur Santy, 4’5’’ sur Ocana et Merckx, 4’10’’ sur Thévenet et Poulidor. Le maillot jaune Guimard et Gimondi sont à 5’5’’ mais ce n’est pas grave : la descente leur permet de colmater la brèche.

- Les malheurs d’Ocana
Dans la montée du Soulor, au 162ème km, Ocana crève. Résultat : 30’’ de retard sur Merckx, Poulidor, Hézard, Gimondi, Guimard et Zoetemelk alors qu’il faut s’élancer dans la descente.
Devant, Santy est rattrapé. Il pourra ainsi prêter main forte à son patron, Ocana. Quant à David, ses affaires ne s’arrangent pas. Son pneu à plat, il doit attendre longtemps pour être dépanné par sa voiture. C’en est terminé pour lui.
Revenons à Ocana. Dans le brouillard, l’espagnol fait le forcing pour revenir au plus vite. Difficile de ne pas se souvenir de sa chute de l’année dernière dans le col de Menté et, effectivement, juste après Arthez-d’Asson, Ocana négocie mal un virage à droite, perd l’équilibre et glisse vers un muret en contrebas. Dans son sillage, Thévenet et Santy ne peuvent éviter la culbute. Pommette contusionnée, coude en sang, Ocana repart immédiatement. Ses 2 compagnons d’infortune sont plus gravement touchés. Le bourguignon (15ème à 6’32’’ à l’arrivée) termine la course groggy. Quant au nordiste, il est évacué vers l’hôpital, la mâchoire fracturée.
Les 6 hommes de tête profitent de l’aubaine pour accélérer l’allure : 1’15’’ en haut de la côte de Piétat (km 205), même écart 5 km plus loin au sommet de la côte d’Esquillot, 1’49’’ à l’arrivée à Pau. Décidément, les Pyrénées ne conviennent pas au leader de la formation Bic.

- Hézard au nez et à la barbe de Guimard
Depuis le Midi-Libre, Yves Hézard (Sonolor) et Cyrille Guimard ne sont pas les meilleurs amis du monde. Ce n’est pas le sprint d’aujourd’hui qui va les réconcilier. Le maillot jaune pensait peut-être l’emporter mais il a légèrement dérapé et le nivernais l’a battu, provoquant le courroux de son adversaire : « J’aurais accepté d’être battu par n’importe lequel de ceux qui étaient avec moi, mais par Hézard, c’est un peu gros. Voilà un coureur qui ne prend pas un véritable relais : il fait mine de passer jusqu’au moment où Stablinski lui dit de rester derrière, et il a le culot de faire le sprint. Voulez-vous que je vous dise ? En vérité, nous étions deux à rouler : Merckx et moi. Poulidor en a pris un coup, il était un peu juste. Gimondi n’était pas fringant. Quant à Zoetemelk, c’est toujours le même. Si tout le monde agissait comme Hézard ou Van Impe, il n’y aurait jamais de course. »

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L’éphémère champion de France 1971 (déclassé pour dopage) a réalisé, pour ses débuts dans l’épreuve, son plus beau Tour : 7ème à Paris.


Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Yves Hézard (Fra) en 6h2’19"
2 Cyrille Guimard (Fra)
3 Felice Gimondi (Ita)
4 Joop Zoetemelk (PB)
5 Eddy Merckx (Bel)
6 Raymond Poulidor (Fra) t.m.t.
7 Luis Ocana (Esp) à 1’49""
8 Edward Janssens (Bel) à 3’9"
9 Lucien Van Impe (Bel) à 5’3"
10 Roger Pingeon (Fra) à 6’6"


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Cyrille Guimard (Fra) en 35h11’31"
2 Eddy Merckx (Bel) à 11"
3 Yves Hézard (Fra) à 1’21"
4 Felice Gimondi (Ita) à 1’42"
5 Luis Ocana (Esp) à 2’51"
6 Raymond Poulidor (Fra) à 4’17"
7 Joop Zoetemelk (PB) à 4’39"
8 Bernard Thévenet (Fra) à 7’57"
9 Roger Swerts (Bel) à 10’29"
10 Lucien Van Impe (Bel) à 10’49"
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