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Etape 20 : Arpajon - Paris

143,5 km. 25 juillet 1999

- La Rabobank obligée de remercier Mac Ewen
Erik Zabel, pour la 2ème année consécutive, ne remporte pas d’étape sur le Tour de France. Ce qui ne l’empêche pas de rejoindre Sean Kelly avec 4 maillots verts ramenés à Paris. L’Allemand a en effet été battu sur la plus belle avenue du monde par l’Australien de la Rabobank Robbie Mac Ewen. Il s’agit, pour Mac Ewen, de sa 1ère victoire sur le Tour mais, ce qui le rend le plus fier, c’est qu’il est le 1er Australien à l’emporter sur les Champs-Elysées. Son équipe peut pousser un ouf de soulagement après un Tour particulièrement raté. Il n’est pourtant pas sûr que cela suffira pour sceller une nouvelle union entre Mac Ewen et la formation batave, les Néerlandais lui reprochant ses mouvements d’humeur et son individualisme.

- Une étape sans histoire
Cette 20ème étape s’est déroulée de manière tout à fait classique, avec de nombreuses attaques dans le final (dont celle de Brochard dans le dernier kilomètre). Mais, comme souvent, c’est au sprint que cela s’est joué.
A noter que le vainqueur, Mac Ewen, avait chuté, en compagnie de Bölts, au 27ème km. Sans conséquence évidemment...

- Lance Armstrong remporte le Tour le plus rapide de l’histoire
Le Texan est le 1er homme à remporter cette épreuve en dépassant les 40 km/h de moyenne (40,273 km/h exactement). Grande performance pour celui qui revient de l’enfer. A 28 ans, 3 ans après qu’on lui ait annoncé qu’il souffrait d’un cancer, ce spécialiste des courses d’un jour s’est métamorphosé en coureur de grands Tours grâce, tient-il particulièrement à signaler à son directeur sportif, le Belge Johan Bruyneel.

-  La plus grande escroquerie du siècle ?
Bien des années plus tard, Lance Armstrong sera déchu de ses titres pour dopage. Mais d’autres suspicions pèsent sur lui. Ne serait-il pas celui qui a introduit le "moteur électrique" dans le peloton ? Philippe Brunel, dans son livre "Rouler plus vite que la mort" (2018) s’appuie, entre autres, sur Greg Lemond pour valider cette thèse : "En avril 2001, lors d’une conférence sur le dopage à San Antonio. L’ancien médecin d’Armstrong, le docteur Ed Coyle (répudié par l’UCI pour avoir trafiqué des fiches médicales) avait projeté sur un écran géant les vrais paramètres physiologiques du Texan : sa capacité thoracique de 5,6 litres, son VO2 max de 78, son taux hématocrite naturel à 41, des paramètres très ordinaires, tenus secrets mais divulgués, là, devant témoins, des centaines de témoins, à l’insu du principal intéressé. Ce qu’il (Lemond) en retira confirmait ses intuitions. Adepte du SRM, un capteur de puissance qu’il avait utilisé, sur le Tour, bien avant tout le monde dès 1992, Greg n’avait jamais cessé de s’intéresser à la physiologie à travers des revues spécialisées et les travaux d’un expert, Frédéric Portoleau, allant jusqu’à publier des chroniques douce-amères sur ce thème, dans "le Monde", pendant le Tour 2009. Sur la foi des informations enregistrées par le SRM, on peut savoir en effet si un coureur triche ou non, par l’évaluation de sa puissance de pédalage en watts à condition de connaître sa mesure de base, étalonnée par son VO2 max mais soumise à caution car il arrive que des coureurs se dopent avant de se prêter aux tests, afin d’en majorer les résultats.
Le calcul était simple.
Avec un VO2 max de 93, Greg n’avait jamais développé plus de 400 watts dans les cols. Or Armstrong dépassait les 500 watts sur la montée de la Madone au dessus de Monaco et 475 watts dans l’Alpe d’Huez, avec un VO2 max de 78, de quinze points inférieur au sien. Là où en théorie il n’aurait jamais dû dépasser le seuil de 375 watts. Dès lors, comment expliquer sa vitesse ascensionnelle en totale contradiction avec les lois physiologiques ? Le dopage ? Oui, bien sûr. Il s’était dopé. Sans doute un peu mieux, un peu plus, que les autres. Il l’avait confessé devant les enquêteurs du gouvernement fédéral, puis craignant le parjure, en janvier 2013, sur le plateau d’Oprah Winfrey. Mais l’alibi du dopage n’expliquait pas tout, d’autant qu’il moulinait dans les cols sur de petits développements, d’ordinaire inefficaces à créer des écarts. Quelque chose clochait mais quoi ? "A chacun de penser ce qu’il veut, m’avait dit Lemond, mais il y a chez Armstrong 50, 70 watts qui se baladent et dont on ne peut scientifiquement expliquer l’origine
".

- Triste performance française
Aucun Français n’a remporté de victoire d’étape cette année. Cela ne s’était plus produit depuis 1926 ! Richard Virenque sauve l’honneur en empochant un nouveau titre de meilleur grimpeur et une honorable 8ème place au classement général.
A noter également la performance de Benoît Salmon (Casino), meilleur jeune du Tour(16ème).

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Robbie McEwen (Aus) en 3h37’39"
2 Erik Zabel (All)
3 Silvio Martinello (Ita)
4 Stuart O’Grady (Aus)
5 Carlos Da Cruz (Fra)
6 Lars Michaelsen (Dan)
7 Salvatore Commesso (Ita)
8 Tom Steels (Bel)
9 Steffen Wesemann (All)
10 Gianpaolo Mondini (Ita) t.m.t.
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